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Les discours

  • Hommage à Arnaud Beltrame : 24 mars 2021

    Madame, Monsieur,

    Le 24 mars 2018, Arnaud Beltrame, lieutenant-colonel de Gendarmerie, mourait des suites de ses blessures. Il mourait en confiant à sa mère, humblement : « J'ai fait mon devoir ». La veille, son sacrifice avait ému, bouleversé, sidéré toute la France. Il avait payé de sa vie, il avait offert sa vie pour la défense de ses compatriotes.

    Arnaud Beltrame a rencontré son destin. Un destin immense, hors du commun avec, pour humble décor, un banal supermarché de Trèbes, près de Carcassonne.

    Le geste de cet homme, de ce gendarme est, au sens propre, exceptionnel. Alors que le terroriste islamiste a déjà tué deux personnes, il propose de se substituer à l'un des otages, une caissière d'une quarantaine d'années.

    Donner sa vie. S’oublier totalement. Mettre en balance son existence. Pour une inconnue. Pour sauver une vie innocente. Le don de soi dans sa plus parfaite, dans sa plus pure expression.

    Pendant près de trois heures, Arnaud Beltrame entame alors un dialogue avec celui qui sera son assassin, afin d'éviter que le sang ne coule encore. Une bataille de mots. Une grammaire de l'impossible. Entre un patriote et un homme, d'origine marocaine, qui s'est retourné contre son pays d'adoption. Entre un terroriste islamiste et une France généreuse qui lui avait offert sa précieuse nationalité quatre années plus tôt.

    Les arguments n'ont pas suffi. Le verbe s'est écrasé contre le mur du fanatisme. Il n’y a plus de place alors que pour un corps-à-corps sauvage avec celui qui n’est autre que le messager de la mort. Et cet acte d'un courage inouï : au cours de cette lutte d'homme à homme, Arnaud Beltrame a le temps d'alerter les renforts, en criant « à l'assaut ! »

    Les derniers mots d'un combattant de France, d'un soldat comme on n’en voit plus que dans les livres d'histoire. Du moins ceux que l’on n'a pas encore expurgé de toute trace de grandeur.

    Arnaud Beltrame meurt sous le couteau de l'égorgeur mais, grâce à lui, les forces d'intervention ont pu pénétrer et éliminer le terroriste.

    Comment aborder cet acte de courage ? Comment le comprendre ? Comment, d’une certaine façon, le faire nôtre ? Au fond, nous sommes là aujourd'hui pour cela. Pour interroger et pour nous interroger.

    Dans une époque où parfois, souvent, les actions les plus nobles sont tournées en dérision, Arnaud Beltrame nous rappelle que la Patrie, qui est en vérité l’amour de l'Autre, existe encore.

    Son engagement chrétien, son retour à la Foi, sa proximité avec les chanoines de Lagrasse n'y étaient sûrement pas étrangers. Mais on peut compter sur bien des journalistes et quelques autres encore pour ne pas insister sur ce point quelque peu dérangeant dans une époque, dans notre époque du « tout se vaut et, donc, rien ne vaut ». Où le salut, l’aspiration à l’au-delà, la quête du sacré, la rédemption sont moqués.

    A Béziers, nous honorons cet homme magnifique, ce Français mort la tête haute. Nous avons voulu que notre beau Plateau des poètes porte la marque de ce héros. Qu'au milieu des enfants qui jouent, sous les arbres imposants, nos regards puissent s'arrêter, parfois, sur ce nom. Pour ne pas oublier ce que signifie être français !

  • Hommage aux victimes du terrorisme : 11 mars 2021

    Journée d'hommage aux victimes du terrorisme. Le discours de Robert Ménard.

    Aujourd'hui, nous honorons les victimes du terrorisme. Derrière ce mot affreux, il y a une guerre, une guerre que nous mènent des puissances rétrogrades, obscures, depuis des décennies.

    Bien sûr, il y a plusieurs terrorismes. Longtemps, la France et l'Europe ont souffert du terrorisme d'extrême gauche. On se souvient des tristement célèbres Fraction armée rouge ou encore d'Action directe. Il y eut aussi, il est bon de le rappeler, un terrorisme néo-nazi. Munich ou Bologne s'en souviennent encore. Mais depuis près de quarante ans, regardons les choses en face : c'est le terrorisme presque exclusivement islamiste qui verse des torrents de sang sur nos pays.

    En effet, non content de changer la vie des quartiers conquis par l'immigration et soumettre leurs populations, l'islamisme tue aveuglement. Dans la rue, aux terrasses des bars, dans les salles de spectacles. Dans les écoles. Il décapite des professeurs, il poignarde les passants, égorge à tour de bras. Les attentats font presque partie de notre quotidien. Et surtout, la peur des attentats.

    Les victimes deviennent innombrables. Il y a les morts, évidemment, mais aussi, on les oublie trop souvent, les rescapés. Les estropiés, les handicapés, les traumatisés, les amputés. Ceux qui ont perdu leur mari, leur épouse, leur fils ou leur fille, les enfants désormais orphelins... Oui, des milliers de vies anéanties par des criminels pitoyables, par des lâches qui se cachent derrière leur Dieu.

    Ne tolérons jamais des politiques la moindre concession. Le moindre accommodement raisonnable. Il n'y a pas, il n'y aura jamais d'excuses pour ces actes. Ni la misère, ni une cause politique. Le terrorisme est l'arme de ceux qui n'ont aucun courage. C'est tellement plus simple de tirer dans une foule, de foncer en camion sur des familles, de massacrer des enfants sans défense.

    La France a payé le prix de sa liberté. La France a aussi payé le prix de son laxisme. Le terrorisme a changé notre mode de vie. On ne se promène plus librement sous la Tour Eiffel, le moindre festival se transforme en orgie sécuritaire. On sait que ça peut arriver. On sait qu'un sac abandonné dans un bus ou dans un train devient vite effrayant. Les gens s'épient, les gens regardent en biais. Le tout sous l’œil de caméras de plus en plus présentes. Pourra-t-on revenir en arrière ? Pourra-t-on retrouver cette France paisible que nous avons connue ?

    C'est notre espoir, notre ambition. En rendant hommage à toutes les victimes du terrorisme et à ceux qui le combattent chaque jour, gardons ceci en tête : cette guerre ne se gagnera qu'en utilisant les moyens d'une guerre.

  • Hanoukka : 16 décembre 2020

    Bonsoir à tous. Je suis très heureux, au nom de tous les Biterrois, d'être avec vous ce soir. Heureux de célébrer avec la communauté juive, une fête inscrite dans l'histoire de notre vieille cité.

    Célébrer Hanoukka à Béziers, c'est, au-delà de la joie de se retrouver, faire preuve, faire acte de mémoire. Pour ne pas oublier.

    Ne pas oublier que pour les Juifs de la ville, Béziers fut, il y a bien longtemps, « la petite Jérusalem ». Un havre de paix. Un lieu sûr, où l'on vivait une foi différente, sous la bienveillante protection des Trencavel.

    Ne pas oublier que ces jours heureux furent anéantis par le grand massacre du 22 juillet 1209, quand les soudards du Pape alliés à ceux du roi de France apportèrent le malheur en nos murs.

    Ensanglantée, martyrisée, Béziers, la rebelle occitane, fut placée sous le joug des gens du Nord. Le Sud tolérant, le Sud souverain était à terre. La plupart des Juifs s'exilent alors, notamment à San Esteve d’Olot, près de Gérone, en Catalogne.

    Malgré les expulsions, malgré les humiliations, malgré la mort qui planait sur elle, la communauté juive de Béziers a su se reconstituer dans la lenteur des siècles, et surtout, elle a su maintenir ses traditions, tout en se fondant dans la population biterroise. Quel exemple de courage ! Quel exemple de force ! La lumière dans un monde obscur. Une leçon pour nous tous !

    Hanoukka nous dépasse. Que l'on soit Juif ou non. Et en tant que maire de cette ville, vous pouvez compter sur moi pour que cette fête religieuse ait toute sa place dans notre cité.

    Comme vous pouvez compter sur moi, vous le savez, pour défendre la communauté juive, au moment où elle est menacée et attaquée comme jamais depuis les temps sombres de la Shoah.

    Je pense qu'il est bon de le redire : les Juifs ont été et sont un apport essentiel à la civilisation française et européenne. Ils en font partie, intrinsèquement, par leurs artistes multiples, par leur écrivains, leurs penseurs, par leur religion. En prendre conscience, c'est s'élever. C'est aussi pour cela que nous sommes, que je suis fier de célébrer Hanoukka ici dans notre hôtel de ville.

    Bonne fête de Hanoukka ! Bonne fête à tous ! Et vive Béziers !

  • Cérémonie en hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie : 5 décembre 2020

    Mesdames, Messieurs,

    Les morts nous observent. Les morts nous parlent. Les morts sont auprès de nous, tout près de nous. Ceux d'Afrique du Nord, les combattants français que nous honorons aujourd'hui, sont peut-être plus proches, plus proches que jamais.

    Ils peuplent, ils hantent l'espace, l’histoire, la mémoire de notre pays. Ce sont des hommes qui ont perdu la vie pour la défense d'un rêve. Oui, un rêve que nous avons trop souvent oublié. Le rêve d'une France plus grande, une France dont la géographie avalait goulûment la grande Bleue, épousait les étendues désertiques, savourait les oasis et s'endormait dans des villes brûlées de soleil.

    Dans cette extension d'elle-même, la France a envoyé ses fils, la France a brandi son épée millénaire pour maintenir sa civilisation.

    Les vents de l'Histoire ont été contraires. Les vents de l'Histoire ont balayé nos efforts, nos espérances. Aux portes d'un avenir ensablé, les soldats français, souvent très jeunes, ont lutté, entouré d'ennemis. L'ennemi extérieur, le terroriste nationaliste, mais aussi l'ennemi intérieur, celui qui, à l'arrière, crachait dans son dos et levait l'opinion contre notre armée. N'oublions jamais cette triste cohorte de porteurs de valises, de journalistes et de politiciens à la fois judas, traîtres, scélérats, qui sabotaient sans relâche la guerre que menait nos soldats, que menait notre patrie.

    À cause d'eux, nos soldats sont souvent tombés deux fois. Sur le terrain, sous les balles ennemies ou pire, sous la torture des barbares. Mais aussi une deuxième fois, quand leur honneur a été bafoué par les planqués de la Métropole. Quand leur héroïsme a été jeté aux chiens.

    Aujourd'hui, je leur rends, nous leur rendons hommage parce qu'ils le méritent, tous ces jeunes Français dont la vie a été fauchée dans un combat tellement mal conduit par ceux-là mêmes à qui ils devaient obéissance.

    La France a quitté les immensités d'Afrique du Nord depuis bientôt 60 ans. Par une étrange ironie de l'Histoire, ce sont maintenant des millions d’autochtones de ces provinces devenues indépendantes qui rêvent de notre France en venant s'y installer.

    Le malentendu persiste, grandit dans un maelstrom de mémoires enchevêtrées, de souffrances cachées, de hontes blessées. L'avènement d'un avenir meilleur s'est avéré une escroquerie. Des deux côtés de la Méditerranée, on est toujours malheureux, à cause de cette aventure perdue.

    Nos soldats morts là-bas, sur l’autre rive de la Méditerranée, observent sans doute avec stupéfaction ce qui est advenu de leur France qui n'assume plus son passé mais aussi de ses anciennes colonies perclues de rancune, réclamant des « réparations »…

    À nous, il reste un effort et un devoir : essayer de comprendre pourquoi des milliers de nos soldats sont morts là-bas ou en sont revenus gravement blessés, souvent traumatisés. Comprendre, au fond et tout simplement, ce qu'est la France.

    Vive nos soldats morts pour la France ! Vive notre armée ! Vive la France !

  • Armistice du 11 novembre1918 cérémonie très réduite à Béziers : 11 novembre 2020

    Mesdames, Messieurs,

    Il y a un peu plus de 100 ans, l’Europe s’embrasait. La France et les autres puissances européennes allaient entrer dans la Grande Guerre. Un conflit mondial, un conflit total. Notre pays, la France, a payé le plus lourd tribut. 1 450 000 Français ont sacrifié leur vie pour notre patrie. Ces hommes, nos hommes, sont tombés pour défendre notre terre et notre indépendance. Nous nous devons de leur rendre hommage.

    Célébrer l’armistice de 1918, c’est célébrer une victoire chèrement acquise, chèrement payée par notre pays. Cette victoire, nous la devons à des généraux, comme Joffre et Gallieni qui se lancèrent dans la bataille de la Marne pour stopper l’avancée allemande. Nous la devons à nos civils, qui mirent tout en œuvre pour soutenir l’effort de guerre. Nous la devons aux femmes de France, qui firent tourner le pays pendant que les hommes, pendant que leurs hommes étaient au front.

    Cette victoire, nous la devons aussi et surtout à nos soldats, qui se sont battus jusqu’au bout pour vaincre l’ennemi. Souvenons-nous des tranchées de Verdun. Assaillis par les obus et les rafales de mitrailleuses, ils ont résisté avec héroïsme. Souvenons-nous de la bataille de la Somme, où nos soldats tentèrent de percer le front ennemi. Souvenons-nous de la bataille du Chemin des dames, où 40 000 soldats périrent dans une offensive contre l’armée allemande.

    Ces batailles, ce sont nos batailles. La victoire de 1918, notre victoire. Celle du peuple français. Partout dans le pays, le peuple a uni ses forces pour venir à bout de l’envahisseur allemand. Ici, à Béziers, nous avons pris notre part à l’effort de guerre. Ce monument, derrière moi, en témoigne. Dès le début de la guerre, la ville s’est ralliée à l’union sacrée. Nous avons soigné ici, à Béziers, de nombreux soldats blessés. Nous avons accueilli des réfugiés du nord de la France et de Belgique. Nous avons envoyé des hommes au combat. Nous pouvons être fiers de notre ville, de notre pays.

    Lors de l’armistice, le 11 novembre 1918, une foule immense s’est rassemblée à Béziers pour dire sa joie, sa fierté, son soulagement aussi.

    Aujourd’hui, nous perpétuons ce rassemblement. Nous rendons hommage à nos aïeux, à ces femmes et à ces hommes qui, par le sacrifice de leur vie, nous permettent d’être là, aujourd’hui. Ne l’oublions jamais, nous leur devons notre liberté et notre indépendance. C’est un legs à la fois terrible et chaleureux.

    Alors souvenons-nous du froid, de la pluie, de la boue, des tranchées gorgées d’eau, des cratères d’obus, des déluges d’acier, des ensevelis vivants, des hurlements, des plaintes des blessés, des agonisants noyés dans des trous fangeux, des gaz asphyxiants, des tympans crevés au fond d’un abri, de la terre pourrie et de l’eau empoisonnée par la chimie des munitions, de la décomposition des cadavres, des arbres décapités, déchiquetés, des chevaux à l’agonie. Mais aussi de l’exemple donné, du courage à profusion, des leçons d’héroïsme. Souvenons-nous !

    Vive la victoire, vive la France !

  • Hommage aux 58 parachutistes morts à Beyrouth attentat du Drakkar : Vendredi 23 octobre 2020

    Mesdames, Messieurs,

    Au mois d’août dernier, le Liban s’est rappelé à notre souvenir avec l’effroyable explosion de Beyrouth. Une fois de plus, ce pays a hurlé de douleur devant les caméras du monde entier. Nous avons été touchés, bouleversés. Nous avons été solidaires. Parce que, pour nous, pour nous Français, le pays du cèdre n’est pas vraiment un pays étranger. Par la langue, par la religion, par notre histoire commune, le Liban est lié à la France, intimement lié à la France. C’est pour cette raison qu’en 1983, nos soldats étaient présents là-bas, pour tenter de juguler la guerre civile qui déchirait le pays. Et c’est alors que survint l’attentat dans la capitale libanaise. L’immense attentat qui frappa l’armée française. 58 parachutistes pulvérisés, disloqués après qu’un camion piégé ait foncé dans l’immeuble du Drakkar, où nos soldats étaient basés. Au même moment, nos alliés américains perdaient 241 soldats dans une attaque similaire à l’aéroport de Beyrouth. Ce carnage a marqué nos mémoires. C’est la pire agression subie par notre armée depuis la guerre d’Algérie.

     

    Les auteurs, cette fois encore, portent le masque sinistre de l’islamisme. Depuis la guerre d’Algérie – je viens d’y faire allusion - jusqu’au meurtre ignoble, la décapitation de Samuel Paty il y a une semaine, en passant par les attentats de 1995 ou du Bataclan, ce sont toujours les mêmes ennemis. Des ennemis jurés de notre pays, de notre nation, des ennemis jurés de ce que nous sommes et de ce que nous voulons être. Leur mode d’action, au Drakkar comme sur la promenade des Anglais à Nice, demeurent celui des lâches. On tue en tirant dans le dos. On fonce dans la foule. On envoie un camion piégé pour détruire un poste de notre armée. On exécute des innocents désarmés. On égorge des jeunes filles. On n’affronte jamais face-à-face. Au Drakkar, ce jour d’octobre 1983, c’est le mal, le mal islamiste qui a tué nos militaires, sans qu’ils puissent répliquer. 37 ans après, le Liban est toujours, malheureusement, sous la coupe de ces monstres. Et la France, notre France, est devenue le terrain de jeu des fous d’Allah.

     

    N’oublions jamais les morts du Drakkar. Ils sont de cette longue liste des victimes d’un intégrisme religieux qui continuent de tuer les nôtres et, avec eux, ce qui nous est le plus cher : notre liberté. Vive notre armée ! Vive nos paras ! Vive la France

  • Hommage à Samuel Paty : Lundi 19 octobre 2020

    "Mesdames, Messieurs,

    Mes chers compatriotes,

    Avant toute chose, je vous propose d’observer une minute de silence en mémoire de Samuel Paty et en soutien, en respect et en amitié pour sa famille et pour ses proches.

    (Minute de silence)

    La tête tranchée. Un professeur d’histoire a eu la tête tranchée, en France, en 2020, parce qu’il a fait son travail. Parce qu’il a expliqué à ses élèves ce qu’est la liberté d’expression. La tête tranchée par un islamiste tchétchène qui bénéficiait du statut de réfugié, c’est-à-dire de la protection de la France !

    Stupéfaits, nous l’avons tous été, vous comme moi, devant cette nouvelle, devant ce mot terrible, une « décapitation », surgie à la une de l’actualité, vendredi dernier. Cela, à quelques kilomètres de Paris, l’horreur à la sortie des classes.

    Vendredi dernier, nous avons franchi un nouveau cap, une plongée dans l’obscurantisme. Vendredi dernier, un enseignant est devenu un martyr de la France.

    J’ai envie de vous dire que rien ne sera plus comme avant, que rien ne doit plus être comme avant. Que nous devons nous réveiller ! Qu’il est vital pour notre pays que nous nous réveillions. Mais, comme vous, j’ai un peu de mémoire. Comme vous, je me souviens qu’on a égorgé un prêtre dans son église et qu’alors, déjà, nous avions eu les mêmes mots, les mêmes indignations. Et puis, rien. Nous continuons à avancer, tels des somnambules, vers un précipice.

    Aujourd’hui, en France, vivent sur notre sol des barbares, des monstres, les pires des ayatollahs. Des dizaines sont déjà passés à l’acte. D’autres poursuivront cette macabre entreprise, au nom d’Allah.

    Depuis plus de 40 ans, nous sommes anesthésiés par l’aveuglement, les mensonges, les lâchetés. Sous nos yeux, des enfants sont massacrés à bout portant dans leur école parce que juifs. Des policiers sont attaqués à longueur d’année, deux d’entre eux suppliciés devant leur propre fils. Des journalistes sont exécutés pour avoir dessiné Mahomet. Des jeunes filles sont égorgées dans une gare. Des familles sont écrasées alors qu’elles assistaient au feu d’artifice du 14 juillet. Toute une jeunesse est fauchée pendant un concert de rock. Un gendarme décide de se sacrifier pour sauver ses prochains. Les meilleurs de nos militaires sont abattus aux confins des montagnes afghanes et au Sahel...

    Des centaines de vies anéanties, des centaines de familles détruites. Des années d’horreur, de drames, de larmes.

    Contre cet enfer, que fait notre pays ? Un carnaval de bougies, de peluches, de fleurs, de dessins, de belles et solennelles déclarations, de chartes de la laïcité et des « valeurs de la République » ânonnées jusqu’à l’étourdissement.

    Face à cette pantomime hallucinée, ils sont des milliers à avoir d’ores et déjà déclaré la guerre à notre pays, à notre nation, à notre civilisation. Un État dans l’État ! Ils sont des centaines de milliers à dire qu’ils ne veulent pas de notre mode de vie. Arrêtons d’être étonnés. Il suffit de les écouter, de lire les enquêtes les concernant, de ne plus fermer les yeux sur leur menace grandissante : 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans – les trois quarts - affirment placer l’islam avant la République ! Petit à petit, jour après jour, le totalitarisme islamiste impose sa loi, ses règles et ses interdits, jalousement protégés par ceux qui imposent, qui nous imposent… le vivre-ensemble. Vivre-ensemble, la tête séparée du corps ? Vivre-ensemble quand, déjà, 40 % des enseignants reconnaissent qu’ils s’autocensurent sur certains sujets face à leurs élèves. On n’a pas de mal à imaginer lesquels…

    Tout cela, je le refuse. Je dis non. Je ne veux pas me soumettre !

    Aujourd’hui, ici, j’accuse, oui j’accuse ceux qui, au nom de la tolérance, cèdent et lâchent sur tout : le voile islamique, les activités non-mixtes, les repas de substitution, les mosquées radicales.

    J’accuse ceux qui, prétextant le risque de « diviser les Français » - commode alibi pour tous les renoncements -, refusent de prendre les mesures qui s’imposent.

    J’accuse ces élites qui se compromettent avec le séparatisme qui infeste les rues de nos villes, les terrasses de nos cafés, les commerces communautaires.

    J’accuse ceux qui disent « Je suis Charlie mais… ». Mais quoi ?

    J’accuse ceux qui, sur les plateaux télé ou dans les partis politiques, refusent tout débat, toute discussion sur l’islam, sur l’immigration, sur le mode de vie et sur notre identité au nom du « pas d’amalgame ».

    J’accuse ceux des musulmans de France qui excusent les terroristes ou qui refusent de condamner leur barbarie.

    J’accuse ceux qui hurlent au racisme systémique et à l’islamophobie chaque fois que l’on fait mine de résister aux fatwas des fous de Dieu.

    J’accuse ces élus collabos qui consentent à sacrifier la France, prêts à toutes les compromissions pour gagner quelques voix lors d’une élection.

    J’accuse les lâches qui ferment les yeux devant l’évidence, qui refusent de dire la réalité et d’utiliser les bons mots, les vrais mots.

    J’accuse tous ces politiciens et ces éditorialistes qui, depuis plus de 40 ans, se mentent et nous mentent.

    J’accuse tous ceux qui choisissent la lâcheté et la soumission au détriment du courage et de la résistance.

    J’accuse ceux qui laissent la France devenir un enfer, une terre de décapitation.

    J’appelle nos dirigeants à ne rien céder sur la liberté d’expression. Sur cette liberté de la presse que, durant plus de 20 ans à la tête de Reporters sans frontières, j’ai défendue avec mes confrères en France comme partout dans le monde. Aujourd’hui, ces caricatures sont devenues l’étendard de nos libertés.

    J’appelle nos dirigeants à stopper l’immigration de masse, véritable terreau de l’islamisme politique, à déclarer la guerre – la vraie – au salafisme, à expulser la totalité des imams radicaux, à interdire le voile dans l’ensemble de l’espace public.

    Cette barbarie ne s’arrêtera pas. Il faut lui déclarer la guerre. Et on ne fait pas la guerre à coups de marches blanches et de pancartes. L’heure n’est plus à l’indignation, l’heure est au combat.

    Vive la liberté d’expression ! Vive la liberté ! Vive la France combattante !"

    Robert Ménard, maire de Béziers, Président de la l'Agglomération Béziers-Méditerranée

    Hommage à Samuel Paty - Lundi 19 octobre 2020

  • Hommage aux Harkis : Vendredi 25 septembre 2020

    "Mesdames, messieurs,

    C'était il y a longtemps. Il y a très longtemps. Avant que les vagues de nos souvenirs se perdent sous le sable immense du temps. C'était au temps de « la plus grande France », une magicienne qui avait jeté un sort dans nos cœurs.

    Cette France avait des enfants de toutes races, de toutes religions, de toutes conditions. Elle s'étendait des plaines de Flandre au désert du Sahara. Elle se couvrait de granit en Bretagne et de façades blanches en Algérie. Nous l'aimions immense et universelle. Nous étions tous ses enfants.

    Et quand certains ont décidé de l'attaquer, nombre de ses enfants, justement, se sont dressés. Parmi eux, les plus beaux, les plus fidèles, sans doute les plus courageux : je veux parler, évidemment, des Harkis.

    Les Harkis ont cru que le rêve pourrait continuer. Ils ont cru aux promesses ; ils pensaient que cette grande France avait un avenir, entre les blocs, entre les idéologies. Oui, cette voie singulière de la France, ce chemin parmi les nations, ils étaient persuadés qu’il nous grandirait tous.

    Les Harkis ont été trahis. Abandonnés au plus lugubre, au plus tragique des destins. Parqués comme des chiens en métropole, dans des camps indignes, ils ont dû vivre à l'ombre de la prospérité des Trente glorieuses.

    Ils furent la tache indélébile que notre pays cachait sous la nappe de l'Histoire, la blessure la plus terrible.

    Ceux qui n'avaient pas réussi à fuir la nouvelle Algérie dictatoriale connurent le martyr. La torture infinie sous le soleil des vainqueurs. Leurs corps suppliciés remplissaient les fosses de l'indépendance. Les Harkis n'étaient plus rien. Moins que des perdants, moins que tout. Les assassins du FLN, avec la complicité de quelques Français, les écrasèrent sous leur botte, jetant bébés, femmes, vieillards et hommes valides dans la fournaise de leur folie.

    Cette histoire me hantera éternellement. J'ai honte pour ma France. J'ai honte pour cette mère qui, l'espace d'un été maudit, a détourné les yeux de ses meilleurs enfants.

    Pour moi, les Harkis furent une rencontre personnelle, intime. Leur façon de chérir notre langue, leur façon de résister, d'aimer, de vivre coûte que coûte. Quelle leçon ! Ils sont la France, la France dans son essence, celle du défi, du panache, celle qui se moque de l'air du temps et des fossoyeurs de la grandeur.

    Je crois que mon ami, mon cher ami, mon frère Nourredine, ici présent, symbolise tout cela. Je vais vous faire une confidence, quelque chose que j'ai sur le cœur. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi français que lui. Son sang est bleu-blanc-rouge. Pour Nourredine, notre drapeau n'est pas qu'un drapeau, c'est une relique. Une sainte relique.

    Nourredine est l'exemple même de ce qui aurait pu se passer entre Européens et Musulmans si la France avait choisi une autre direction. Ensemble, nous aurions été tellement plus forts !

    Le torrent des années a passé, il a inondé les mémoires. C'est maintenant la décrue. Soyons optimistes car le pessimisme ne sert à rien. Je suis sûr qu'un jour notre pays aura le courage de réexaminer son passé. Je suis sûr que les Harkis retrouveront enfin la place qu'ils méritent, oui Nourredine, qu'ils méritent, que tu mérites, dans notre longue histoire. Et cette place, elle est dans les bras de leur mère, de notre mère la France.

    Merci à tous. Merci Nourredine, merci pour ce que vous avez fait, pour ce que tu as fait, pour Béziers et pour la France !"

    Hommage aux Harkis

    Robert Ménard, maire de Béziers

Hotel de ville

Dernière mise à jour de la page : 01 avril 2021

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